lundi 13 février 2017

Saturation.

Je ne sais pas si nous vivons actuellement une période plus détestable qu'une autre ou si je suis simplement au bout du rouleau, mais force est de constater que l'actualité me met dans un état de haine incommensurable. J'en suis à un stade ou je ne peux strictement plus rien prendre avec philosophie ni détachement, je suis constamment scandalisée par ce que je lis, entends, vois, constate, j'ai des accès de violence envers des gens que je n'ai pourtant jamais rencontrés, je suis révoltée au-delà de l'indignation, et j'en viendrais presque à souhaiter que le monde s'auto-détruise le plus rapidement possible.


L'élection de Donald Trump et tout ce qui en découle : l'accès à l'IVG qui se restreint (et la menace toujours là, partout, même chez nous), avec toute cette haine des femmes qui vient d'on ne sait où. Le jeune Théo qui se prend des insultes racistes en pleine tronche et qui se fait violer, mais dans cette affaire, le terme "bamboula" est décrit comme "convenable" (non mais où on a vu ça ?). Les violences policières en général. Les multiples casseroles aux culs de François et Pénélope Fillon. Voir Marine Le Pen se pavaner tranquillement sur le service public en prime time (et pas que), alors qu'elle pleurnichait il y a quelques jours encore parce qu'on ne lui laissait pas suffisamment de temps de parole dans les médias. Et nous ? Nous autres de l'autre côté de la barrière, qui nous écoute ? Quand Théo est violé par une matraque de flic lui laissant des blessures indicibles, la justice décide que c'était un "accident". Quand les femmes s'expriment, se plaignent du sexisme qui pulse de tous les côtés, on leur dit qu'elles affabulent, qu'elles devraient plutôt montrer leurs nichons, qu'elles ne sont bonnes qu'à élever les gosses. Quand on demande à François Fillon de se retirer, il crie au complot.

On pourrait se dire que j'enfonce des portes ouvertes, mais tout ce que je raconte ici, c'est le résultat de l'actualité et du contenu des deux-trois dernières semaines qui viennent de s'écouler. C'est le résultat de 2017, alors que nous ne sommes que le 13 février. Je subis, et je ne suis pas la seule, une indigestion et une révolte telles que je n'arrive pas à comprendre comment on arrive encore à supporter tout ça. Que doit-on faire pour que tout cela cesse, à part laisser la société s'étouffer dans sa propre merde ? A quel niveau de sidération sommes-nous rendus ?

Je suis désormais incapable de ne pas prendre tout ce qui arrive personnellement, je suis directement concernée par tout un tas d'horreurs. Je ne supporte plus l'injustice et la connerie de ce monde, ça me rend réellement malade, ce XXIème siècle est juste à vomir. Et après, on se prétend "pays développés" ? Eh bien, j'espère que les "pays émergents" grandiront plus intelligemment, avec davantage de respect et de bienveillance, sans que ce soit toujours à géométrie variable.



Misery

dimanche 5 février 2017

Deux femmes badass à écouter.

Je commence la rédaction de ce billet après presque un mois d'absence (motivation, quand tu nous abandonnes), ce qui m'a donné le temps de découvrir tout un tas de choses en parallèle, à commencer par deux albums particulièrement sympathiques. Du coup, je vous en parle aujourd'hui avec grand plaisir.

Afficher l'image d'origine

Laura Pergolizzi, que l'on connaît désormais tous par ses initiales LP, est l'exemple type qu'un bon artiste peut très bien être diffusé sur les radios populaires françaises entre deux morceaux hyper commerciaux. On la voit et on l'entend beaucoup, c'est une bonne nouvelle. Je l'ai personnellement découverte en septembre dernier lors de son passage à Quotidien de Yann Barthès, et j'ai eu un petit coup de cœur bien comme il faut. Bien qu'elle soit propulsée sur le tard (parce qu'à priori, chez les stars à 35 ans on est déjà vieux), elle ne débute pas tout juste sa carrière. L'album Lost On You est, en fait, son quatrième, les précédents n'ayant pas eu le succès escompté. LP a surtout énormément écrit pour d'autres, allant des Backstreet Boys à Christina Aguilera, en passant par Rihanna ou encore Beyoncé. Autrement dit, il était grand temps qu'elle sorte de l'ombre. J'aime beaucoup sa voix et ses choix mélodiques, je suis heureuse d'écouter une femme qui procure autant d'émotions. Son album est pur, percutant et sans filtre, un vrai bonheur.





* * *


Afficher l'image d'origine

Parlons maintenant de Jeanne Galice, plus connue sous le pseudo de Jain. Agée de seulement 24 ans, la demoiselle a déjà parcouru une bonne partie du monde dans son enfance (Dubaï, Abu Dhabi, Moyen Orient, Congo), y apprenant successivement différents instruments. Si son nom ne vous est pas encore très familier, c'est parce qu'elle a été lancée par le chanteur Yodelice il y a trois ans, mais n'a sorti son premier album Zakana que fin 2015. Aussi, Jain revendique une identité visuelle bien à elle, recouvrant de dessins ses instruments, ses décors de concerts et ses chaussures, et souhaitant faire de son look quelque chose de surprenant et d'unique : "ma robe n'a pas grand chose à voir avec ma musique, elle est là pour illustrer un contraste entre mes chansons, elle détonne par rapport à ma musique qui est chaleureuse. Je voulais aussi à tout prix éviter le cliché de la chanteuse guitare/voix qui fait du reggae." Elle baigne dans un mélange pop et reggae assez détonant et rafraîchissant, et comme j'ai parfois besoin d'écouter un album énergique, celui-là fait bien l'affaire. 




jeudi 12 janvier 2017

Cersei Lannister : The Dark Prophecy.

Voici donc mon dernier montage vidéo en date, qui a mis ma patience à rude épreuve, mais je suis contente de pouvoir (enfin) vous le présenter, après de nombreuses heures passées dessus. Cersei est un personnage ambivalent avec lequel je ne suis pas toujours d'accord, mais que j'admire énormément, et qui a essayé à sa manière de survivre à une destinée qu'elle n'avait pas vraiment choisie. J'ai également pris plaisir à mettre en valeur ici le peu de qualités qu'on peut déceler chez Joffrey, notamment au contact de Margaery. Cersei est l'un des personnages les plus machiavéliques de Game of Thrones, mais j'ai beaucoup d'empathie pour elle malgré tout, et ce depuis le début.

Bon visionnage à tous !



Misery

mercredi 4 janvier 2017

Sandor Clegane, l'homme brisé.

Afficher l'image d'origine

Après deux heures de dur labeur, le froid s'engouffrait désormais sous sa mince chemise de toile, signe que l'hiver arrivait bel et bien. Son estomac gargouillait d'envie à la simple évocation de la bière que lui avait promise Ray, lorsqu'il daignerait rejoindre les autres pour le souper. Il reposa sa hache près de l'abondant tas de bois qu'il avait abattu, remarquant que son corps se réadaptait de mieux en mieux au maniement d'une arme. Frère Ray, ancien criminel converti à la religion des Sept, l'avait recueilli sur la route du Conflans et s'était assuré quotidiennement de son rétablissement. Cela faisait bientôt un an qu'il s'accoutumait tant bien que mal à cette vie trop paisible, dans cette petite communauté où solidarité et entraide étaient les mots d'ordre. Ils n'étaient pas vraiment pauvres, pas vraiment riches non plus, mais tous semblaient se contenter de cette existence insouciante qu'ils avaient choisie. De son côté, Sandor Clegane se sentait à l'écart des autres membres du groupe malgré lui, passant le plus clair de son temps à couper du bois pour la construction du septuaire de Ray. De toute façon, ce n'était pas comme s'il avait déjà eu l'impression d'être à sa place quelque part, et ça ne pourrait jamais être pire qu'à Port-Réal, sous les ordres de ce bâtard de Joffrey.

De sa démarche légèrement boitillante, il se dirigea vers le campement, où comme tous les soirs, quelques femmes devaient serrer leur enfant contre leur sein, en entonnant des chansons traditionnelles devant le feu. Il ne sut pas vraiment à quel moment il réalisa que quelque chose n'allait pas. Était-ce ce silence accablant et inhabituel qui s'abattit soudain sur lui tel une chape de plomb ? Était-ce l'odeur des premiers cadavres pourrissants, dévorés par le froid mordant ? Était-ce tout simplement son instinct naturel qui ne demandait qu'à resurgir au moment opportun ? « Le Limier », songea-t-il avec un sourire consterné, c'était ainsi qu'on l'appelait avant que Brienne de Torth ne lui défonce le crâne. Le grand guerrier à la réputation scabreuse, battu par une femme à peine aussi grande que lui, vous parlez d'une gloire ! De dépit, il secoua la tête, avant de fixer à nouveau la plaine ravagée. Il se frotta les yeux, comme pour se persuader que tout cela n'était qu'une vaste blague, un rêve duquel il n'allait pas tarder à se réveiller. Tout le village avait été massacré, les fondations du septuaire détruites, et les sacs de nourriture éventrés, tout comme la plupart des compagnons et de leurs enfants. Sandor ne mit pas longtemps à apercevoir Ray lui-même, pendu un peu plus loin sous l'établi. Son visage blême avait commencé à enfler, et il ouvrait de grands yeux effrayés sur ce qui avait été sa dernière vision en ce monde. « Tu vois, aucun de tes Sept Dieux n'est venu te secourir, mon vieux », pensa Clegane pour lui-même.

Le regard du Limier fuyait en tous sens, tel un chien de chasse guettant le moindre danger, avant de se poser sur la hache de Ray, plantée dans un tronçon d'arbre. Malgré ses blessures, il avait toujours gardé une force incroyable et réussit à l'arracher en moins de deux, mu par la rage, celle qui avait toujours été sa meilleure conseillère. Quelle folie d'avoir cru aux jolis discours de Ray sur la rédemption, le pardon et autres conneries inventées par des hommes trop lâches pour dégainer leur épée ! Il connaissait désormais l'origine de cette douleur implacable qu'il ressentait chaque jour dans la poitrine et qui le poursuivait partout où il allait : la perte de cette hargne qui avait toujours été sa seule boussole. Il avait écouté d'une oreille distraite les leçons de vie de son ami septon, mais il se rendait compte à quel point tout cela avait été vain. Dans ce monde, il n'existait qu'une seule manière de survivre, et ce n'était sûrement pas celle que Ray avait tenté de lui enseigner avec tant de ferveur. La paix intérieure et la lumière de l'âme n'avaient jamais attiré Clegane. Il leur préférait assurément l'obscurité, cette noirceur trouble dont il aimait se repaître, cette zone d'ombre dans laquelle il se tapissait autrefois, guettant sa proie. Ce plaisir qu'il retirait de de voir s'éloigner Port-Réal derrière lui pour aller courir les routes, de fracasser le crâne d'un garde Lannister, ou de voler un pauvre homme de sa bourse, c'était de cela dont il était fait. Et cela n'avait été qu'hypocrisie de prétendre le contraire. 

Il repensa alors à tous ces enfants écorchés auprès de leurs parents, qui n'avaient même pas dû réaliser la gravité de la situation. Il éprouvait toujours une profonde tristesse à l'idée que quiconque puisse s'attaquer à des gamins qui n'avaient rien demandé à personne, et qui avaient commis la simple erreur d'être là au mauvais moment. Ses pensées le ramenèrent inévitablement à Sansa et à sa sœur, Arya, qu'il avait tenté de secourir du mieux qu'il pouvait. S'il espérait que la première était désormais en sécurité à Winterfell auprès de ses frères cadets, il ne donnait malheureusement pas cher de sa survie ; elle resterait toujours bien trop fragile pour ce monde de prédateurs. Quant à la deuxième, il avait toujours su au fond de lui qu'elle se débrouillerait, quelle que soit sa destinée. Elle était faite du même bois que lui, et au fond d'eux brûlait la rage des enfants écorchés bien trop jeunes, qui n'avaient pas été épargnés par la vie, et qui comptaient bien le lui rendre. Il pressentait qu'Arya était toujours quelque part dans les Sept Royaumes, souhaitant plus que jamais assouvir sa vengeance, si elle n'avait pas déjà commencé. Bien qu'elle ne représentait qu'une parenthèse de sa vie qui appartenait maintenant au passé, il tenait bien plus à elle qu'il ne souhaitait se l'avouer. S'attendrir n'était ni plus ni moins qu'une marque de faiblesse, et mieux valait garder tout cela bien enfoui, dans les brumes du souvenir. 

Un peu plus tard, traversant la plaine pour rejoindre la grande route, Sandor Clegane retrouva les responsables du massacre, occupés à se vanter de leurs exploits et à se goinfrer des victuailles qui avaient coûté la vie à ses nouveaux « amis ». Le Limier, c'était ainsi qu'ils l'appelaient tous jadis ; il était temps de revenir leur prouver qu'ils n'avaient pas eu tort de le surestimer.

Afficher l'image d'origine



Misery

Mes coups de coeur culturels de 2016.

Je ne sais pas vous, mais moi quand je lis "2017", j'ai l'impression de voir le titre d'un film de science fiction, tant l'année est passée à une vitesse folle. Personnellement, je suis restée fidèle à ma tradition personnelle qui consiste à ne jamais prendre de bonnes résolutions : les rares que je me promets tout au long de l'année étant souvent destinées à me mettre un peu plus en joie, elles sont bien souvent tenues. Je débute 2017 dans un flou total (mais pas si artistique, malheureusement) concernant mon avenir professionnel, qui déterminera en partie la suite de ma vie. Cela dit, j'espère pouvoir me consacrer toujours autant au cinéma, aux découvertes musicales et aux expositions en tous genres, et ce quel que soit le tournant que prendront les choses cette année. Du coup, je vous propose une petite rétrospective de mes coups de cœur culturels en 2016, pour redémarrer du bon pied. N'ayant pas vraiment pris de grosse claque littéraire dernièrement, j'ai eu heureusement la chance de me rattraper ailleurs !


Dragons :

"L'histoire d'Harold, jeune Viking peu à son aise dans sa tribu où combattre les dragons est le sport national. Sa vie va être bouleversée par sa rencontre avec un dragon qui va peu à peu amener Harold et les siens à voir le monde d'un point de vue totalement différent."

Afficher l'image d'origine

Dernièrement, je me suis remise aux films d'animations, et je dois dire qu'avec celui-ci, je me suis bien éclatée. Bon déjà, l'histoire se situe dans un univers fantastico-viking, ce que j'aime particulièrement, avec de sublimes images et une bande originale vraiment chouette. Alors évidemment, on échappe pas à quelques petites facilités, mais on reste quand même dans du divertissement intelligent. Oui c'est un peu convenu par moments, oui on joue parfois sur un registre d'émotions un peu banal, mais c'est tellement bien fait qu'on le pardonne sans le moindre problème. L'histoire reste accessible aux jeunes enfants, sans pour autant sombrer dans la mièvrerie des princesses éprises du chevalier en armure. Les personnages sont justes, l'humour très bien dosé, les figures féminines et masculines sont très loin des clichés sexistes du genre ... Bref, j'ai trouvé ce film nuancé et très poétique, un beau moment que je recommande.



 Game of Thrones : une série qui fait parler d'elle, parce qu'elle le vaut bien.

"Il y a très longtemps, à une époque oubliée, une force a détruit l'équilibre des saisons. Dans un pays où l'été peut durer plusieurs années et l'hiver toute une vie, des forces sinistres et surnaturelles se pressent aux portes du Royaume des Sept Couronnes. La confrérie de la Garde de Nuit, protégeant le Royaume de toute créature pouvant provenir d'au-delà du Mur protecteur, n'a plus les ressources nécessaires pour assurer la sécurité de tous. Après un été de dix années, un hiver rigoureux s'abat sur le Royaume avec la promesse d'un avenir des plus sombres. Pendant ce temps, complots et rivalités se jouent sur le continent pour s'emparer du Trône de Fer, le symbole du pouvoir absolu."

Afficher l'image d'origine

Après une bonne soixantaine d'heures et une multitude de plateaux télés, la saison 6 est déjà terminée. Est-il nécessaire de vous dire que cette série réussit son pari haut la main à (presque) chaque épisode ? Je ne vous apprends rien, tout le monde raconte partout à quel point c'est captivant, esthétique et addictif, et je suis totalement d'accord là dessus, même si elle n'est pas sans défaut. Pensée à toute cette équipe qui abat un travail titanesque pour nous régaler avec une série de qualité, et des séquences visuelles de fous furieux (décors, costumes, situations ... Mention spéciale à La bataille des bâtards, qui était superbe du début à la fin). Enfin une série qui donne envie de s'identifier à ses héroïnes, fortes, indépendantes, fières et ambitieuses (Arya, Brienne, Cersei, Ellaria, Olenna et Daenerys en tête). C'est appréciable aussi de découvrir des héros qui ne sont pas que des machines de guerre sur pattes ou des bodybuilders sexy, mais des êtres doués de sensibilité et/ou d'intelligence (Tyrion, Sandor, Tywin, Varys et Bran, je vous suivrais au bout du monde s'il le fallait). Les acteurs livrent tous ici une prestation exceptionnelle, tout ça est très immersif. Je vous encourage à découvrir cette série si aboutie visuellement, psychologiquement et narrativement, si ce n'est pas déjà fait. Que l'attente va être longue jusqu'à la prochaine saison !



L'odyssée : un chef d'oeuvre à la française.

"1948. Jacques-Yves Cousteau, sa femme et ses deux fils, vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la mer Méditerranée. Mais Cousteau ne rêve que d’aventure. Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l’eau, il a découvert un nouveau monde. Désormais, ce monde, il veut l’explorer. Et pour ça, il est prêt à tout sacrifier."

Afficher l'image d'origine

Ce film a été une grosse claque, il faut bien l'avouer, et je dirais que c'est un film à voir absolument ! Cette histoire incroyable et poignante est celle d'un homme tiraillé entre l'attrait du succès et ses convictions, qu'il réussira presque à refouler. Questionnant profondément sur le rapport à la société et la façon d'accéder à une gloire toute relative, c'est un dénouement très nuancé qui nous est apporté à la fin (ce qui le rend d'autant plus appréciable). Je ne sais pas à quel point certains éléments ont pu être romancés, mais c'est tout simplement impossible de ne pas sortir chamboulé de la salle. Et même si la séquence d'ouverture révèle carrément la toute fin du film, ce qui m'a empêchée de ressentir l'émotion voulue, le reste est absolument parfait. Alors certes, le biopic sur fond de casseroles familiales est un genre qui me fait toujours un peu peur, et je pense que je ne serai pas forcément allée le voir si je n'en avais pas lu des avis aussi positifs, ce que je ne peux qu'écrire à mon tour aujourd'hui. Et évidemment, parce que ça va avec, les acteurs sont magnifiques, la photographie est top, les dialogues impeccables : bref, n'hésitez plus. La sortie de L'odyssée était également l'occasion de rappeler qu'en 2048, le traité faisant de l'Antarctique un sanctuaire à protéger prendra fin (bien que certains pays ont déjà essayé maintes fois de le contourner ou de demander sa suppression). Voilà qui donne matière à réfléchir.



Mille fois bonne nuit (ou L'épreuve) : chronique d'un drame humain.

"Rebecca est une photographe de guerre de renommée internationale. Alors qu'elle est en reportage en Afghanistan pour suivre un groupe de femmes qui préparent un attentat suicide, elle est gravement blessée par l'explosion d'une bombe. De retour chez elle en Irlande, pour se remettre de ce traumatisme, elle doit affronter une autre épreuve. Marcus, son mari et Stéphanie, sa fille ainée de 13 ans, ne supportent plus l'angoisse provoquée par les risques que son métier impose. Rebecca, qui est déchirée entre les souffrances qu'elle fait subir à ses proches et sa passion de photoreporter, doit faire face à un ultimatum : choisir entre son travail et sa famille. Mais peut-on vraiment échapper à sa vocation, aussi dangereuse soit-elle ? Renoncera t-elle à couvrir ces zones de combats, et à sa volonté de dénoncer la tragédie humaine de son époque ?"

 Afficher l'image d'origine

Allociné reste pourtant un peu light sur ce coup, vu qu'il oublie de nous dire que le réalisateur, Erik Poppe, signe ici un film autobiographique, ayant été lui-même reporter de guerre avant de se tourner vers le cinéma. Je salue l'originalité du sujet et la nécessité de nous faire découvrir un peu plus ce métier où il faut être prêt à risquer sa vie pour montrer un cliché au monde entier. Il interroge aussi sur les conséquences d'une passion viscérale, et comment celle-ci peut finir par influer sur les rapports à l'autre (le besoin d'adrénaline, le don de soi et l'ennui du retour à la vie de famille). Autant vous dire qu'ici, on ne s'ennuie pas, mais on ne rigole pas non plus comme des petits fous, loin de là. Ce film très touchant et superbement réalisé, porté là encore par des acteurs hyper bons, avec une grande justesse de ton et une belle subtilité. On ne tombe jamais dans le pathos ni la démesure, et à aucun moment le scénario ne nous invite à prendre parti pour un personnage en particulier : chacun fait tout simplement les choix qui lui semblent bons, et tente de composer avec. Mille fois bonne nuit est sorti en 2013, mais je ne l'ai découvert que dernièrement, et je dois avouer qu'il m'a fait verser une petite larme, ce qui est devenu très rare pour moi. Je ne peux que vous le conseiller, sauf s'il vous paraît trop hardcore pour votre petit cœur sensible.



LP : la voix féminine dont je rêvais.


Afficher l'image d'origine

Comme je l'ai déjà dit ici, je refuse d'écouter une fille qui n'a rien dans le bide, qui n'a pas son propre univers et qui se sert de ses formes comme d'un argument majeur (coucou Rihanna et autres Beyoncé ...). Du coup, je manquais un peu de nouveauté dans mes playlists féminines, mais c'était avant que je ne découvre Laura Pergolizzi, alias LP, auteure-compositrice-interprète de 35 ans. D'origine italienne, la demoiselle a une belle carrière à son actif, puisqu'elle officiait déjà depuis 15 ans aux Etats-Unis, avant qu'elle ne fasse parler d'elle un peu partout avec son dernier album, Lost on You. Ce qui l'inspire par dessus tout ? Ses blessures passées, son amour pour les femmes qu'elle a rencontrées, ses expériences personnelles au quotidien ; la quasi-totalité de ses chansons sont autobiographiques. Ce qui est plutôt très bien, c'est qu'elle ne s'inscrit pas vraiment dans un style particulier, ses morceaux sont assez variés, et elle assure dans absolument tous les registres. Difficile, donc, de lui coller une étiquette ou de lui attribuer une mouvance particulière, et ça fait du bien. J'aime énormément l'authenticité et la simplicité qui se dégagent de sa personne, elle a un petit quelque chose que je trouve vraiment touchant et rafraîchissant. Il y avait bien longtemps qu'une artiste digne de ce nom m'avait fait voyager à ce point. LP est une femme rare, que l'on croise très peu, qui fais très peu de télé ou de séances photos ; il faut savoir se contenter de ce qu'elle donne, mais quand elle donne, elle donne tout.



La saga des Sambre, par Yslaire :

"Très sombre et mélancolique, Sambre nous raconte l'histoire d'une famille bourgeoise rurale du xixe siècle et plus particulièrement celle de Bernard Sambre, épris de Julie, une jeune vagabonde aux yeux rouges que sa famille exècre au point de les porter au rang de superstition. Les destins, les esprits et les corps s'expriment, se croisent et se blessent. Nul ne peut échapper à son destin ..."


Afficher l'image d'origine

La saga des Sambre imaginée par Yslaire allie deux de mes passions, à savoir le dessin et l'Histoire. Cet illustrateur belge de 59 ans reconnaît bien volontiers son sens du perfectionnisme, et pour cause, on s'en prend plein les mirettes et son travail est absolument splendide. Le récit, est quant à lui, bien ficelé et intrigant, puisqu'on suit la famille Sambre sur plusieurs décennies, à mesure que chaque strate de l'arbre généalogique découvre sa destinée. Je ne vous en dirai pas plus, mais sachez que je suis totalement captivée à chaque fois. Malheureusement, je ne possède pas d'exemplaire dans ma bibliothèque (parce que dépenser 14€ pour un tome que je vais lire en une demi-heure, j'ai encore du mal à m'y faire, c'est bête, je sais bien), mais je souhaite régler la question dans l'année à venir. Moi qui ne suis vraiment pas portée sur la BD à la base, je dois bien avouer que cette oeuvre est à couper le souffle.


Et vous quels ont été vos coups de cœur de l'année ? N'hésitez pas à me présenter les vôtres ici !



Misery